NOTE DE PRÉSENTATION DU TRAVAIL

 

La production photographique d’Amélie Labourdette questionne ce qui est situé en dessous du paysage visible: il y a toujours un autre paysage, l’écho d’un autre monde qui n’est pas donné dans un premier regard.

Le paysage nous renvoie à quelque chose de la mémoire collective et individuelle. Il est reflet de l’histoire, d’une époque, d’une civilisation, ainsi que de notre imaginaire, de nos utopies ou de nos dystopies. Son travail ne tente pas simplement à reproduire extérieurement l’image du monde, mais cherche à saisir l’étrangeté primordiale de notre environnement terrestre perçu comme un monde crypté. Elle cherche à faire apparaître photographiquement ces espaces sous-jacents révélant les multiples strates d’identités et de temporalités d’un paysage.

À l’heure de l’Anthropocène, sa démarche artistique s’inscrit dans la volonté de concevoir des récits alternatifs afin de ré-imaginer de nouveaux potentiels dans notre manière d’interagir avec le monde ( qu’il soit humain ou non-humain ), d’habiter celui-ci.

Constellations d’images photographiques, chacun de ses projets tente de rendre compte de la relation de l’humain à son « environnement », à la biosphère terrestre, au Cosmos, par une lecture perspectiviste du territoire, en associant l’analyse anthropologique et historique à une poétique subjective de l’image, où la hiérarchie des connaissances du sujet est abolie au profit d’une synthèse inclusive analogique par la mise en regard de différentes « versions de monde », différents points de vus, différentes strates temporelles.

Elle construit et réalise ses projets photographiques en étroite relation avec les idées de cosmophanie et d’«archéologie du présent». Les recherches et la mise en relation disciplinaire, en anthropologie, en histoire, en esthétique, qui précédent la réalisation de chacun de ses projets, donnent la direction d’une approche personnelle, nourrie par la succession des évènements et des rencontres sur le parcours du projet. Chacun de ses projets est ainsi avant tout une enquête et invite à des nouages de espaces-temps qui s’entrelacent entre passé, présent et futur en tentant de bâtir un régime d’historicité alternatif.

Amélie Labourdette interroge les valeurs documentaire, fictionnelle et esthétique induites par ses photographies.

 

ARTIST STATEMENT

 

Amélie Labourdette’s photographic production questions what is below the visible landscape: there is always another landscape, the echo of another world that is not given at a first gaze.

The landscape refers us to something of collective and individual memory. It reflects history, an era, a civilization, as well as our imagination, of our utopias or dystopias. Her work does not simply seek to reproduce the image of the world externally, but attempts to capture the primordial strangeness of our earthly environment as an encrypted world. She seeks to photographically unveil these underlying spaces revealing the multiple strata of identities and temporalities of a landscape.

At the time of the Anthropocene, her artistic approach is part of the desire to conceive alternative narratives in order to re-imagine new potentials in the way we interact with the world (whether it is human or non-human), to inhabit it.

As a constellation of photographic images, each of her projects attempts to reflect the relationship of humans to their «environment», to the terrestrial biosphere, to the Cosmos, through a perspectivist reading of the territory, by associating anthropological and historical analysis with a subjective poetics of the image, where the hierarchy of the subject’s knowledge is abolished in favour of an inclusive analogical synthesis by comparing different «world versions», different points of view, different time layers.

She builds and carries out her photographic projects in close relation with the ideas of cosmophany and «archaeology of the present». The research and the disciplinary relationship in anthropology, history, aesthetics, which precedes the realization of each of his projects, give the direction of a personal approach, nourished by the succession of events and meetings on the path of the project. Each of his projects is thus above all an investigation and invites to knotting of spaces-time that intertwine between past, present and future while trying to build an alternative regime of historicity.

Amélie Labourdette questions the documentary, fictional and aesthetic values induced by her photographs. 

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