[2016] Traces d'une occupation humaine ( Traces of a human occupation )

( Série réalisée dans le bassin minier d'extraction de phosphate de Gafsa, région située aux portes du désert Tunisien )

Série photographique en cours de réalisation.

(Series produced in the phosphate mining basin of Gafsa, region located at the gates of the Tunisian desert)

Photographic series currently in progress.

STATEMENT FR

Cette série photographique, Traces d’une occupation humaines,  a germé et s'est développée dans le cadre de la résidence artistique :  Under The Sand #2  / 2016.

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CONTEXTE DE LA RÉSIDENCE Under The Sand #2  / 2016 :

UNDER THE SAND, est un projet de rencontres artistiques transdisciplinaires à dimension internationale qui s’inscrit dans la durée (de 2016 à 2019) et crée des échanges entre des artistes tunisiens et des artistes français, au travers d’une suite de résidences et d’expositions en Tunisie et en France. Initié et dirigé par l’artiste Wilfried Nail avec la collaboration de l’artiste-chercheuse Souad Mani et l’association de Jean-Christophe Arcos, de Fatma Cheffi et de Marion Zilio comme critiques et co-curateurs, ce projet a pour ambition l’exploration du bassin minier de Gafsa, région située aux portes du désert tunisien.

Artistes invités par le projet Under The Sand : Wilfried Nail, Souad ManiImen Bahri, Farah Khelil, Minhee Kim, Amélie Labourdette, Dominique Leroy, Pascale Rémita , Ali Tnani, Benoit Travers et Haythem Zakaria.

« Under The Sand porte un regard « archéo-artistique » sur le territoire du Gouvernorat de Gafsa, en interrogeant ses paysages : historiques, politiques, écologiques et utopiques. Il engage une démarche archéologique de fouille, de déterrement, d'extraction, de filtrage et il révèle le non-visible de ce territoire. Il s’articule également autour des problématiques hydrographiques de ce bassin minier et au milieu de ce territoire-paysages : territoire singulier et paysages multiples d’intérêts scientifiques, culturels, historiques et anthropologiques ( .. ). Les artistes du projet Under the Sand, sont invités à mettre en oeuvre des réflexions et des expérimentations liées aux métamorphoses de tous ces paysages pour traduire des interrogations associées à ce contexte particulier. » (Cf: Intention du projet Under The Sand)

« Les fouilles qui y ont été menées ont permis de révéler sous le sable la présence d’une occupation humaine dès le Paléolithique-inférieur (300 000 à 100 000 av. J.-C.). Aujourd’hui en situation de crise, la région de Gafsa occupe une place spécifique dans le paysage tunisien: le territoire est depuis plus d’un siècle sous la tutelle de la CPG, la Compagnie des Phosphates de Gafsa, qui en exploite les gisements. Durement frappée par un chômage endémique et la pauvreté depuis une drastique réduction de ses employés par la CPG dans les années 90, cette région est en 2008 le théâtre de soulèvements populaires sévèrement réprimés par l’armée du gouvernement Ben Ali. Ces évènements sont considérés comme le début du processus conduisant à la Révolution tunisienne de 2011 ».

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TRACES D'UNE OCCUPATION HUMAINE

Constellation d’images photographiques, Traces d’une occupation humaine, tente de rendre compte, par la mise en regard de strates temporelles, de l’empreinte de l’homme, des traces de son occupation, dans les différents paysages et lieux singuliers qui constituent le territoire du bassin minier du Gouvernorat de Gafsa.

L’axe central de cette recherche photographique est sous-tendue par une réflexion interrogeant le lien entre la présence d’eaux souterraines, de sources artésiennes1 et la continuité d’une présence humaine depuis le Paléolithique-moyen jusqu’à notre époque contemporaine dans cette région. Par le biais d’une exploration immersive, elle se déploie à travers différents vecteurs tels que la Préhistoire, l’Histoire, la Géomorphologie et enfin la Mésologie2, afin de saisir ce territoire aux paysages pluriels, aux lieux singuliers.

À travers une lecture des paysages et de lieux marqués de l’histoire d’une présence humaine, Traces d’une occupation humaine, se veut être une méditation photographique sur l’esprit du lieu.

Rechercher l’esprit du lieu, c’est tenter de saisir une aura, une atmosphère singulière, une synthèse des éléments matériels et immatériels, physiques et spirituels, qui produisent du sens, interpellent la mémoire et obligent à pénétrer l’univers de la complexité. C’est tenté d'atteindre un immatériel qui met en contact avec le passé, avec les ancêtres, mais aussi avec les générations à venir, et peut-être plus encore avec soi-même. C’est s’efforcer de saisir les multiples dimensions et significations qu’elles soient sociales, spirituelles, historiques et esthétiques, telles qu’elles sont perçues et transmises et dont ces lieux sont imprégnés. Toutes ces dimensions ont façonné l’esprit du lieu au fil du temps, à la suite d’interactions avec l’environnement naturel, de pratiques sociales ou spirituelles passées ou actuelles, de coutumes, de savoirs traditionnels, d’usages ou d’activités.

Il m'importe de considérer autant la parole populaire que le discours savant, comme une « double appartenance » à un lieu : à un espace intérieur, intime, et à un espace extérieur ouvert sur l’autre, qui réfléchit les relations plurielles et polysémiques suscitées par le lieu.

Fragmentaire, fonctionnant en synergie, cette constellation d’images laisse place aux sédimentations temporelles, aux palimpsestes et à l’hétérogénéité aptes à saisir des lieux singuliers et leurs dimensions multiples, c’est-à-dire l’esprit du lieu.

Ce « feuilletage » convoque différentes strates temporelles et tisse son sens de ces imbrications. Il s’agit de souligner l’humanité d’un paysage, en élaborant une forme d’archéologie de l’esprit du lieu à travers plusieurs mises en regard qui illustrent l’ère anthropocène :

  • des « restes » des premières occupations humaines datant de la préhistoire (les rammadiyats sont les « restes », les « déchets » de la vie matérielle de l’époque Epipaléolithique) avec le traitement des « déchets » de notre époque contemporaine ;

  • un paysage littéralement retourné, bouleversé depuis moins de 40 ans par les carrières d’extraction à ciel ouvert de la CPG, formant d'immenses terrils au centre d’un paysage qui s’est constitué naturellement pendant des millions d’années ;

  • la domination française lors de son Protectorat, avec celle de la domination économique de la mono-industrie qu’est la Compagnie de Phosphates de Gafsa ;

  • la résistance du mouvement armé des fellaghas qui a marqué les années décisives de l’histoire de l’Indépendance de la Tunisie face à la domination du Protectorat Français (1952-1954), avec celle des mouvements sociaux qui secouent la région minière de Redeyef depuis 2008 ;

  • la continuité d’une présence humaine ancestrale auprès des sources artésiennes, avec les modes d’exploitation de l’eau démesurés de la CPG ; 4

  • le Monde des morts, des nécropoles datant du Néolithique et de la Protohistoire, avec les croyances animistes persistant encore aujourd’hui et convoquant les forces de la nature, les esprits des ancêtres. 5

Pour le dire avec Walter Benjamin : « Une image est ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation. En d’autres termes : l’image est la dialectique à l’arrêt. Car, tandis que la relation du présent au passé est purement temporelle, la relation de l’Autrefois avec le Maintenant est dialectique. (…) Seules des images dialectiques sont des images authentiquement historiques, c’est-à-dire non archaïques. Les images « authentiques » sont celles au sein desquelles le neuf et l’ancien s’entremêlent : le passé n’est pas un point fixe, immobile, que l’on puisse espérer approcher (...). En brûlant, en creusant un trou dans le réel, l’image allume une mèche, et du trou jaillit une étincelle où nous reconnaissons le passé comme quelque chose d’inachevé, toujours ouvert ». 6

Ce projet photographique s'est développé grâce à la collaboration de Mr Mohamed Saidi, Docteur en Préhistoire 7, originaire de Moularès depuis des générations.

(Mr Saidi collabore également sur d'autres projets artistiques de Under The Sand)

Notes :

1 Une source artésienne ou un puits artésien est une exsurgence formant un puits où l’eau jaillit spontanément ou par forage. L’Artésianisme, qualifie la propriété, l’aptitude d’une nappe d’eau souterraine captive, de permettre le jaillissement spontané des puits ou forages qui l’atteignent : « l’artésianisme d’une nappe ».

2 La Mésologie est une approche phénoménologique et herméneutique de la géographie qui étudie la relation de l’humanité à son milieu. Ici, le milieu (Umwelt, fûdo) n’est pas le donné environnemental objectif (Umgebung, shizen kankyô), mais les termes dans lesquels celui-ci existe pour un certain être (individu, société, espèce…). C’est la réalité du monde ambiant propre à cet être, et non à d’autres. Le milieu est donc singulier, tandis que l’environnement est universel.

3 Une rammadiyat est un monticule artificiel composé de cendres, de coquilles d’escargots, d’éclats l’industrie lithique (silex), d’ossements et de fragments d’oeufs d’autruche; tout ce qui représente les restes de la vie matérielle des Capsiens dans la région, leur « déchets ». L’époque Capsienne est une culture de l’Épipaléolithique d’Afrique du Nord correspondant à la période s’étendant de -8.500 à -4.500.

4    Pour produire 8 millions de tonnes de phosphate ( production par an ), 10 millions de m3 d'eau doivent être pompés dans des nappes fossiles non renouvelables – et n’approvisionnent donc pas les nappes phréatiques, indispensables aux cultivateurs.  En outre, desmillions de tonnes de boues de lavage sont rejetées sans traitement dans les oueds de la région. Ces boues sont chargées en métaux lourds (cadmium, nickel, cuivre, zinc, chrome, etc.) qui contaminent les sols, les ressources en eaux souterraines, et altèrent les écosystèmes ; elles changent les caractéristiques de perméabilité des sols, lui donnant une allure craquelée. De même,  les eaux de lavage, déversées dans le milieu naturel, engendrent une pollution par le fluor.

5 Il s’agit de la vénération de sources d’eaux, de certaines montagnes, de grottes, d’esprits. Certains esprits d’ancêtres de tribus sont toujours vénérés et visités, non pas comme Dieu, mais comme une mémoire ancestrale. Ces traditions ayant toujours constituées un trait-d’union entre ces croyances ancestrales et le monde qui les domine qu’il soit punique, romain ou islamique.

6 Walter Benjamin, Paris, capitale du xixe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2006, p. 476.

7 Le travail de thèse de Mr Saidi a consisté à réaliser un Atlas, qui basé sur le travail de terrain et de prospection,  répertorie les traces d’une occupations humaine (rammadiats, nécropoles..). Atlas à partir duquel il a réalisé un travail d'interprétation et de synthèse sur la continuité de la présence humaine et sur son évolution dans la région de Gafsa du Paléolithique à la Protohistoire. En travaillant également sur la géomorphologie des paysages, il tâche de tisser des liens entre les premières occupations humaines et leur environnement : il a notamment écrit un article concernant une source artésienne du secteur de Moulares et sur la présence de vestiges archéologiques (ceux-ci étant parfois des lieux sacrés), témoignages d'une continuité de la présence humaine auprès de cette source, de la Préhistoire jusqu'à notre Époque contemporaine.

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STATEMENT ENG

This photographic series, Traces of a human occupation, has germinated and developed within the artistic residency : Under The Sand #2  / 2016.

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CONTEXT OF RESIDENCY Under The Sand #2  / 2016 :

UNDER THE SAND, is a project of transdisciplinary artistic encounters with an international dimension that is spread out over the long term (from 2016 to 2019) and creates exchanges between Tunisian artists and French artists, through a series of residencies and exhibitions in Tunisia and France. Initiated and directed by the visual artist Wilfried Nail with the collaboration of artist-researcher Souad Mani and the association of Jean-Christophe ArcosFatma Cheffi and Marion Zilio as critics and co-curators, this project aims exploring the Gafsa mining basin, a region at the doors of the Tunisian desert.

Artists invited by the Under The Sand projectWilfried Nail, Souad ManiImen Bahri, Farah Khelil, Minhee Kim, Amélie Labourdette, Dominique Leroy, Pascale Rémita , Ali Tnani, Benoit Travers and Haythem Zakaria.

« Under The Sand takes an «archaeo-artistic» look at the territory of Gafsa Governorate, questioning its landscapes: historical, political, ecological and utopian. It commit an archaeological approach of excavation, excavation, extraction, filtering and reveals the non-visible of this territory. It is also organized around the hydrographic problems of this mining basin and of the environment of this territory-landscapes : singular territory and multiple landscapes of scientific, cultural, historical and anthropological interest (..). The Under the Sand artists are invited to carry out reflections and experiments related to the metamorphoses of all these landscapes to translate the questions associated with this particular context ». (Cf: Under the sand Statement)

  « The excavations that were carried out made it possible to reveal under the sand, the presence of a human occupation from Lower Palaeolithic (300,000 to 100,000 BC). Today in a crisis situation, Gafsa occupies a specific place in the Tunisian landscape: the territory has been for more than a century under the tutelage of the CPG, the Company of Phosphates of Gafsa, which exploits the deposits. Harshly affected by endemic unemployment and poverty since a drastic reduction of its employees in the 1990s by the CPG, this region is in 2008 the scene of popular uprisings severely repressed by the Ben Ali government army. These events are considered the beginning of the process leading to the Tunisian Revolution of 2011 ».

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TRACES OF A HUMAN OCCUPATION

Photographic images constellation, Traces of a human occupation, tries to account,  by the comparison of temporal strata, of the human imprint and traces of his occupation, in the different landscapes and singular places that constitute the Gafsa Governorate mining basin territory.

The central axis of this photographic research is underpinned by a reflection interrogating the link between the groundwater and artesian springs presence, and the human presence continuity from the Middle Paleolithic period to our Contemporary time, in this region. It develops through different vectors such as Prehistory, Historyand finally Mesology2,, in order to capture this territory with multiple landscapes, singular places.

Through a reading of marked landscapes by a history of human presence, Traces of a human occupation, tries to be a photographic meditation about the spirit of the place.

To seek the spirit of the place, it's to try to grasp an aura, a singular atmosphere, a synthesis of the material and immaterial elements, physical and spiritual, which produce meaning, challenge memory and force us to penetrate the universe of complexity. It is trying to reach an immaterial that puts in contact with past, with ancestors, but also with generations to come, and perhaps even more with oneself. It is to strive to grasp the multiple dimensions and meanings, be they social, spiritual, historical and aesthetic, as they are perceived and transmitted and of which these places are impregnated. All these dimensions have shaped the spirit of the place over time, as a result of interactions with the natural environment, of past or present social or spiritual practices, customs, traditional knowledge, or activities.

It is important for me to consider both the popular speech and the scientific discourse as a "double belonging" to a place: to an inner, intimate space, and to an outer space open to the other, which reflects the plural and polysemic relations aroused by the place.

Fragmentary, functioning in synergy, the photographic constellation,Traces of a human occupation, leaves spaces for temporal sedimentation, to palimpsests and heterogeneity, able to grasp singular places and their multiple dimensions, that is to say the spirit of the place.

This "lamination" invokes different temporal strata and weaves its meaning of these overlaps. It is a matter of emphasizing the humanity of a landscape, by elaborating a form of archeology of the spirit of the place, through several confrontations that illustrate the anthropocene era:

  •  the remains of the first human occupations dating back to prehistoric times (the rammadiyats are the "remains", the "waste" of the material life of Epipalaeolithic age) with the treatment of the "waste" of our contemporary epoch ;

  • a landscape turned upside down and upset for less than 40 years by the open pit quarries of the CPG, forming huge heaps in the center of a landscape that naturally formed over millions of years ;

  • the french domination during its Protectorate, with that of the economic domination of the CPG's mono-industry ;

  • the resistance of the Fellaghas armed movement which marked the decisive years of the history of Tunisia's Independence in the face of the domination of the French Protectorate, with social movements that disrupt the mining region Redeyef since 2008 ;

  • the continuity of an ancestral human presence beside the artesian sources with the disproportionate water exploitation modes of the GPG; 4

  • the World of the Dead, necropolis dating from the Neolithic and Protohistory, with the animist beliefs still persisting today and summoning the nature forces, the ancestors spirits. 5

To say it with Walter Benjamin: « An image is that in which the Former meets the Now in a flash to form a constellation. For whilst the relation of the present to the past is purely temporal, the relation of the Former with the Now is dialectical. (…) Only dialectical images are authentically historical, that is, non-archaic images. (…) « Authentic » images are those in which the nine and the old intertwine: by burning, by digging a hole in the real, the image lights a wick and from the hole gushes a spark where we recognize the past as something unfinished, always open ». 6

This photographic project was developed thanks to the collaboration of Mr Mohamed Saidi, Doctor in Prehistory 7, native of Moularès for generations.

(Mr Saidi also collaborates on other Under The Sand's artistic projects)

Notes:

1 An artesian source or an artesian well is an exsurgence forming a well where the water spouts spontaneously or by drilling. Artesianism describes property, the ability of a captive underground water table to allow the spontaneous gushing of the wells or boreholes that reach it: "the artesianism of a water table".

2 Mesology is a phenomenological and hermeneutical approach to geography that studies the humanity relationship to its environmental surroundings, its milieu. Here, the milieu (Umwelt, fûdo) is not the objective environmental datum (Umgebung, shizen kankyô), but the terms in which it exists for a certain being (individual, society, species ...). It is the reality of the ambient world proper to this being, and not to others. The milieu is therefore singular, while the environment is universal.

3 A rammadiyat is an artificial mound composed of ashes, snail shells, pieces of flint from the lithic industry, bones and fragments of ostrich eggs; all that represents remains of the Caspians material life in the region, their "waste". The Capsian period is a culture of the Epipalaeolithic of North Africa corresponding to the period extending from -8,500 to -4,500.

4 In order to produce 8 million phosphate tons (production per year), 10 million m3 of water must be pumped into non-renewable fossil aquifers - and thus do not supply the groundwater needed by farmers. In addition, millions of tonnes of sludge are discharged untreated into the wadis of the region. These sludges are loaded with heavy metals (cadmium, nickel, copper, zinc, chromium, etc.) that contaminate soil, groundwater resources and alter ecosystems; They change the permeability characteristics of the soil, giving it a cracked appearance. Likewise, the washing water, discharged into the natural environment, causes pollution by fluorine.

5It is the veneration of water springs, some mountains, caves, spirits. Some tribes's spirits of ancestors are always venerated and visited, not as God, but as an ancestral memory. These traditions have always made a link between these ancestral beliefs and the world that dominates them whether it is Punic, Roman or Islamic.

6 Walter Benjamin, Paris, capital of the nineteenth century, Paris, Éditions du Cerf, 2006, p. 476.

7 The Mr Saidi thesis work was to realize an Atlas, which based on a fieldwork and the prospecting, list the traces of a human occupations (rammadiats, necropolis ..). Atlas, from which he carried out an interpretation work and synthesis on the human presence continuityand its evolution in the Gafsa region from the Palaeolithic to Prehistory. Working also on the landscapes geomorphology, he tries to forge links between the first human occupations and their environment : he wrote an article about an artesian source in the Moulares sector and the presence of archaeological remains (these are sometimes sacred places), testimonies of a continuity of human presence near this source, from Prehistory until our contemporary era.