[2016] Traces d'une occupation humaine ( Traces of a human occupation )

( Série réalisée dans le bassin minier d'extraction de phosphate de Gafsa, région située aux portes du désert Tunisien )

Série de 24 photographies ( En cours)

(Series produced in the phosphate mining basin of Gafsa, region located at the gates of the Tunisian desert)

Series of 24 photographs (In progress)

Portfolio Amélie Labourdette (pdf)

STATEMENT ENG

This photographic work is part of UNDER THE SAND, a project of transdisciplinary artistic encounters with an international dimension (2016-2019), initiated by the visual artist Wilfried Nail with the collaboration of Souad Mani and the association of Jean-Christophe Arcos as co-curator. This project aims exploring the Gafsa mining basin, a region at the doors of the Tunisian desert. The excavations that were carried out made it possible to reveal under the sand, the presence of a human occupation from the end of the Palaeolithic. Gafsa occupies a specific place in the Tunisian landscape: today in a crisis situation, the territory has been for more than a century under the tutelage of the CPG, the Company of Phosphates of Gafsa, which exploits the deposits. Linked to phosphate mining, this region was in 2008 the scene of popular uprisings that led to the Tunisian Revolution.

In the form of a constellation of photographic images, Traces of a Human Occupation attempts to articulate a reflection linked to the imprint of man and traces of his occupation in the different landscapes that constitute the territory of the mining basin of the Governorate of Gafsa.

Fragmentary, functioning in synergy, this constellation leaves space for temporal sedimentation, ideas of the palimpsest and heterogeneity able to grasp, in its interstices, plurals landscapes made of multiple identities. It is to make visible what cannot be seen by privileging the uncertain and slippery identities of spaces and forms, emphasizing the humanity of a landscape, working to develop a form of landscape archeology, through the resonance of temporalities: that of the “remains” of the first human occupations dating from prehistory with that of the “waste” of our contemporary era, that of a landscape turned upside down and upset for less than 40 years by the open pit quarries ofthe Company of Phosphate of Gafsa (CPG) with that of a landscape that naturally formed over a period stretching for millions of years, that of a continuity of an ancestral human presence beside the artesian sources with that of a exploitation of the disproportionate water of the CPG.

 

STATEMENT FR

Ce travail photographique s’inscrit au sein d’UNDER THE SAND, projet de rencontres artistiques transdisciplinaires à dimension internationale inscrivant dans la durée (2016-2019), initié par l’artiste visuel Wilfried Nail avec la collaboration de Souad Mani et l'association de Jean-Christophe Arcos comme co-curateur. Ce projet a pour ambition l’exploration du bassin minier de Gafsa, région située aux portes du désert tunisien. Les fouilles qui y ont été menées ont permis de révéler sous le sable la présence d’une occupation humaine dès la fin du paléolithique. Gafsa occupe une place spécifique dans le paysage tunisien : aujourd’hui en situation de crise, le territoire est depuis plus d’un siècle sous la tutelle de la CPG, la Compagnie des Phosphates de Gafsa, qui en exploite les gisements. Liée à l’exploitation du phosphate, cette région est en 2008 le théâtre de soulèvements populaires qui débouchèrent sur la Révolution Tunisienne.

Sous la forme d’une constellation d’images photographiques, Traces d’une occupation humaine, tente d’articuler une réflexion liée à l’emprunte de l’homme et aux traces de son occupation dans les différents paysages qui constituent le territoire du bassin minier du Gouvernorat de Gafsa.

Fragmentaire, fonctionnant en synergie, cette constellation laisse place aux sédimentations temporelles, aux idées du palimpseste et d’hétérogénéité aptes à saisir, dans ses interstices, des paysages plurielles aux identités multiples.

Il s’agit de rendre visible ce qui ne peut être vu en privilégiant les identités incertaines et glissantes des espaces et des formes, en soulignant l’humanité d’un paysage, en travaillant à élaborer une forme d’archéologie des paysages, à travers la mise en regard de temporalités : celle des « restes » des premières occupations humaines datant de la préhistoire avec celle des « déchets » de notre époque contemporaine, celle d’un paysage retourné et bouleversé depuis moins de 40 ans par les carrières d’extraction à ciel ouvert de la Compagnie de Phosphate de Gafsa (CPG) avec celle d’un paysage qui s’est constitué naturellement sur un temps s’étirant sur des millions d’années, celle d’une continuité d’une présence humaine ancestrale auprès des sources artésiennes avec celle d’une exploitation de l’eau démesurée de la CPG.